Ce
matin-là, je profitais de la fin de semaine pour me reposer. Mais les rayons du
soleil qui traversaient mes stores ont fini par me tirer de sous mon édredon.
J’ai enfilé un chandail, je me suis donnée un coup de débarbouillette et je
suis partie me promener dans les rues de Montréal.
J’ai
envoyé un texte à une amie et l’on s’est rejoint une demi-heure plus tard dans
un café. Elle a commencé à me raconter, qu’en plus de s’être faite dévorer par
des bibittes toute la nuit, elle s’était chicanée avec son chum parce qu’il
n’arrêtait pas de toucher ses gosses en public. Elle n’avait pas beaucoup de
temps à m’accorder car elle devait aller chercher son gars chez sa gardienne
avant 14h.Tout ça l’achalait vraiment beaucoup. Le temps de commander un
sous-marin et un breuvage régulier pour le dîner, et nous nous quittions devant
l’arrêt d’autobus.
J’ai
décidé ensuite de magasiner tout l’après-midi et de profiter des aubaines.
J’avais besoin de quelque fournitures de bureau, notamment d’une efface et d’un
duo-tang. Il me fallait aussi de nouvelles gougounes et de la pâte à dents.
Alors
que je prenais une marche, je suis passée devant un babillard où était épinglée
une annonce pour un job de serveuse. J’ai pris les coordonnées pour faire plus
tard une application. J’ai mallé une lettre à ma mère et je me suis arrêtée à
une vente de garage où j’ai trouvé un sleeping-bag vraiment l’fun pour aller
camper.
Une
fois mes achats terminés, j’ai pensé me prélasser dans un parc avec quelques
cochonneries. J’avais envie d’un bon cornet de crème glacée. Mais j’étais
complètement cassée, j’avais juste un peu de change. Je décidais de rentrer
chez nous quand mon cellulaire s’est mis à sonner. C’était une copine qui me
proposait un party ce soir dans le Mile End. On a alors convenu de se rejoindre
après que j’ai salué mes collègues dans un 5 à 7 sur Saint Laurent.
Deux
heures plus tard, alors que je sortais de mon condo, je suis tombée sur un
épais qui voulait discuter avec moi. J’ai finis par lui lancer « Tabernacle !
Tasse-toi du chemin, là! » Et lui, il m’a répondu agressivement « Ostie ! T’es
entrain de me niaiser là ! ». Moi, je lui ai dit «Pantoute » et j’me suis
sauvée en courant. A la prochaine lumière, j’ai tourné à droite et je suis entrée
dans une tabagie pour m’assurer que je n’étais pas suivie.
Arrivée
au bar, une de mes collègues, déjà bien paquetée, était en crisse parce que son
chum avait cancelé son date. J’ai commandé une draft pendant qu’elle continuait
à sacrer….Elle était vraiment fine mais était tombée en amour d’un vrai
trou-de-cul. En plus, il était lousse quand il s’agissait de s’offrir des
gogosses pour lui, mais c’était un vrai gratteux quand il fallait faire plaisir
à sa blonde, même pas une fleur ou un gâteau pour sa fête. On a méméré sur lui
une bonne partie de la soirée!
En
sortant du bar, j’ai rejoins ma copine et on est passée rapidement dans un
dépanneur pour acheter 2 6packs de « Belle gueule » à amener chez nos
hôtes. Quand on a vu que le commerçant avait oublié de nous charger une caisse,
on l’a remercié rapidement et on s’est poussé de l’autre côté de la rue avant
que son « bienvenue » ne résonne de derrière la porte.
Le
party se passait dans un 5 et 1/2 full quétaine avec des couleurs assez
agressives. Je commençais à dévorer un épi de blé d’Inde quand je me suis fait
épingler par un Ti-Joe connaissant qui voulait m’expliquer la marche du monde
sans doute! En plus de ça, il était complètement chaud ! Je catchais rien à ce
qu’il racontait ! J’espérais juste qu’il ne chauffe pas son char pour rentrer
chez lui, même s’il m’avait gossé toute la soirée !
La
rencontre suivante : un mec qui se lamentait sur sa blonde qui venait de lui
donner son 4%. Elle avait la piqûre du yoga et adorait les souliers rouges.
Détails dont je me serais bien passée ! Un vrai taouin ce mec ! J’étais prête à
lui en calicer une !
Enfin,
j’ai entendu un « allô » derrière moi, je me suis retournée et j’ai découvert
un pétard. Je l’ai salué à mon tour et il m’a invité à me tirer une bûche.
J’avais une folle envie de lui toucher ses foufounes bien fermes dans son petit
Levi’s. Il me cuisait foule. Il était trop cute, large et en plus granola.
Il
était avec son gang, un peu des habitants, entrain de jaser en joual. Mais,
lui, il sortait du lot. Bon, j’avoue qu’il avait quand même quelque chose qui
allait pas : il avait des piqûres de maringouins un peu partout sur le visage !
Mais bon, il n’arrêtait pas de raconter des jokes. Alors moi, j’ai craqué. On a
placoté pendant une bonne partie de la soirée sur des tounes des années 60.
Et
puis il y avait aussi cette fille avec sa caméra qui portait une camisole
blanche très décolletée. On voyait même sa brassière à travers. Pis je
suspectais son chum d’être un crosseur avec ses espadrilles jaune fluo !
Une
fois sorties du party, mon amie et moi avions une faim de loup. On s’est
arrêtée dévorer un chien chaud et une écœurante poutine. J’ai fini la soirée
sur une liqueur tellement on avait les yeux dans la graisse de binnes.
Puis,
on a décidé de faire du pouce pour rentrer chez nous. Un mec nous a pris mais
il a fait un flate deux blocs plus loin. Son pneu a explosé, le flasheur de son
clignotant a brûlé et il a terminé dans le bumper de la voiture garée dans le
stationnement de l’épicerie d’en face ! On a continué à pied. Je commençais
vraiment à avoir frette.
Arrivée
devant ma porte, je me suis aperçue qu’elle était barrée. J’avais laissé mes
clefs dans ma chambre et mon coloc ne m’entendait pas frapper à la porte !
J’avais tellement envie d’aller à la toilette que j’ai fini par pisser dans mes
bobettes, honteuse sur mon paillasson devant ma copine qui s’est écroulée de
rire !
| La fameuse poutine québécoise |
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