mercredi 26 août 2009

Le droit d'asile à Montréal



« Pour faire suite au billet précédent, je travaille donc dans un centre pour demandeurs d’asile à Montréal. J’ai un master de sociologie, spécialisé en Politiques sociales, et  validé en juin dernier. Pour ma dernière année, j’ai choisi de travailler sur le thème du droit d’asile et j’ai passé six mois au CAUDA, un centre d’accueil d’urgence, situé à Besançon et géré par l’Association d’Hygiène Sociale du Doubs. J’ai adoré travailler avec cette population et j’ai donc choisi de réitérer l’expérience et d’en profiter pour voir comment ça se passait ailleurs. En France, les requérants d’asile sont pris en charge dans des centres d’accueil (dans la mesure des places disponibles!!!) et y demeurent tout au long de leur procédure.


Au Québec, l’accompagnement social de cette population est assuré par le PRAIDA, le Programme Régional d’Accueil et d’Intégration aux Demandeurs d’Asile, qui décide ou non d’accorder une prise en charge. Les demandeurs d’asile sont alors envoyés sur Montréal dans une résidence gérée par le YMCA qui leur assure hébergement et restauration. D’autres “petits” centres existent mais ont pour public les personnes les plus fragiles.


Les YMCA sont des centres communautaires implantés dans 122 pays et plus connus à Montréal comme des centres sportifs. Toutefois, ils peuvent être également contractés pour des missions relevant du domaine social. Le séjour à la Résidence ne doit pas dépasser un délai d’un mois le temps de trouver un appartement, un travail et d’ouvrir les droits au “bien être social” (l’équivalent de notre RSA) : trois droits non accessibles aux demandeurs d’asile en France.

Mais l’avenir du programme que j’ai intégré est aujourd’hui incertain. 

"Le Jardin Couvert" est également sous tutelle du YMCA et installé au sein de la Résidence. Cependant ses missions sont plus axées sur l’intégration des demandeurs d’asile, leur rapprochement avec la société montréalaise notamment, via  l’organisation d’activités socioculturelles et des cours de français. Un des autres objectifs du programme est de créer un lieu sécure pendant cette période de transition, avec un salon-bibliothèque accessible à tous, une salle de jeux pour les petits et les parents et un coin pour les ados. Malheureusement, suite à des modifications législatives, le nombre de résident a chuté de manière vertigineuse. Explication dans le prochain billet! »
 
Manifestation "Protect refugees"



samedi 22 août 2009

Premières impressions



« Bonjour à tous,


J’espère que ce blog vous permettra de voyager avec moi “au pays des caribous” et que vous y trouverez des informations intéressantes.


Je suis donc à Montréal depuis plus de deux semaines. J’ai trouvé la pluie et le vent au début mais en ce moment “c’est la canicule”! Le soleil est donc au rendez-vous pour la découverte de la ville, condition nécessaire pour le moyen de transport le plus utilisé dans cette ville: le vélo. Malgré mon côté peu sportif je m’y suis mise aussi. On circule facilement même s’il faut se méfier des faux plats, très vite éreintant. Toutefois, il faut “prendre le coup”: les rues traversent toute la ville et lorsque l’on doit se rendre à une adresse, il ne faut pas oublier que les rues ont deux fois le même numéro, l’un à l’est, l’autre à l’ouest. Alors pour moi qui n’aie pas le sens de l’orientation, qui ne fais pas la différence entre ma droite et ma gauche, j’ai encore un peu de mal à me repérer dans cette toile quadrillée.


Je ne suis pour le moment pas encore sortie de Montréal mais je découvre les quartiers un par un: le vieux port, le quartier chinois, Mont-Royal, le quartier gay…et le Boulevard Saint Laurent, premier lieu que j’ai visité ici. Tout m’a paru extrêmement familier…Cette rue partage Montréal en deux (est-ouest) et témoigne du cosmopolitisme marqué de la ville. N’avais-je pas fait deux pas que je lis “Chez le portugais”: ça pullule de restaurants ou de magasins portugais, même un petit parc est dédié à la communauté. On va donc dans l’épicerie la moins chère du coin (bon plan de ma copine qui vit ici depuis un an) et me voilà devant des gâteux “Maria”, des pudim en poudre “boca doce”, des olives et des… tremoços (lupins). Tout ça ne parlera qu’aux initiés du Portugal. En tout cas,  ça m’a drôlement fait plaisir!


Et puis bien sûr, on retrouve tout le côté « ricain » que nous sommes habitués à voir dans les films: les packs de lait, les fontaines à eau eau, les gros 4×4, la largeur des rues, les brunchs, les lofts, les escaliers à incendie, les parcs communautaires avec terrains de sport, les façades en brique, les bagels, le sirop d’érable, les cafés à emporter, les fenêtres à guillotine, les armoires de toilette intégrées au mur comme dans la salle de bain de Carry Bradshaw …


Montréal, c’est aussi une expérience linguistique à part entière, de quoi vous donner des complexes puisque quasi tout le monde est bilingue. Au français et à l’anglais peuvent s’ajouter l’espagnol, le créole, le chinois…C’est hallucinant de les voir “switcher” d’une langue à l’autre en l’espace de deux secondes. Et nous à côté, on se sent bien misérable, français que nous sommes.



Puis c’est aussi une ville où il y a toujours quelque chose à faire: hoola-hoop au parc La Fontaine, concerts, cinéma plein air, bars à foison, pique-nique. Et tu te retrouves souvent dans une soirée organisée par quelqu’un que tu ne connais pas, un peu à la manière de “Mais qui est-ce Carlos?” pour les amateurs de “How I met your mother” (épisode 1×02).

Bon, il y a quand même deux points négatifs dans ces premières impressions: les moustiques (j’ai des cratères sur tout le corps) et les cigales. Au tout début, j’entendais souvent comme une surtension électrique assez désagréable, un bruit qui revenait régulièrement et peu importe le lieu où je me trouvais dans la ville. Jusqu’au jour où un vieux monsieur a appris à deux de nos amis que ce sont les cigales qui “chantent” dans les cimes des arbres.


D’un niveau purement professionnel, j’ai commencé mon stage dans un centre pour demandeurs d’asile quelques jours après mon arrivée. L’accueil a été très chaleureux. Ce qui pour eux est essentiel puisqu’ils travaillent avec une centaine de bénévoles en plus de l’équipe professionnelle. La prise en charge des réfugiés fonctionne de manière bien différente de la France mais ça je vous l’expliquerai une autre fois. »