jeudi 24 décembre 2009

Retour en France



Il est plus de 4 heures du matin et je n’arrive plus à dormir. Hé oui ! Je suis de retour en France, déboussolée et enrhumée !La traversée de l'Océan Atlantique s’est faite en douceur, mise à part un voisin de bord atteint du syndrome de Gilles de la Tourette et un air sec et irrespirable sans doute à l’origine des mes actuels éternuements successifs. 

Arrivée à bon port, dans notre pluvieuse Franche-Comté, j’ai été heureuse de déguster quelques mets savoureux traditionnels en famille. Tout me paraissait naturel comme si je n’étais jamais partie. Les gestes du quotidien se sont réinstallés, l’air de rien. Pourtant en marchant dans les rues de Besançon, je me sentais comme « exposée ». Etait-ce le retour dans une petite ville après avoir vécu dans une métropole de plus d’un million d’habitants, ou, comme je l’appréhendais, ce sentiment d’être un étranger dans son propre chez soi ?! Comme si je devais tout me rapproprier, seulement après six mois. Mon ancienne directrice (du Jardin Couvert) m'a dit que c'était le processus de "réintégration". Mais comment se fait-il qu'on puisse par contre se sentir tout de suite chez soi dans une ville inconnue et "oppressée" dans sa ville natale?!
 
Je crois que je ne réalise pas encore que Montréal est loin derrière moi, ou alors comme je le disais précédemment, les choses suivent leur cours et on suit le mouvement sans trop se poser de questions. Je n’ai pas versé ma larme en quittant le Québec mais pourtant beaucoup de choses me manquent : mes petites habitudes bien sûr, mais surtout les gens que j’y ai rencontré et mon ambiance de travail au Jardin Couvert.  
 
J’ai de la chance d’avoir un job dès mon retour (reprise effective ce lundi, dur, dur !) mais se remettre dans le bain ce n’est pas forcément évident quand on a pu connaître un autre environnement à l’étranger. Je vais travailler de nouveau avec des demandeurs d’asile dans un centre d’hébergement. Et la prise en charge et le contexte d’immigration seront pour moi beaucoup plus durs à accepter qu’avant.  

Mes nouveaux objectifs après ce voyage : il est clair que cette nouvelle expérience positive a confirmé mon syndrome de la bougeotte et que je n’aspire qu’à découvrir d’autres horizons. Professionnellement, je sais également que ça ne peut qu’être un bien si je veux donner un côté « international » à ma carrière. Pourquoi s’entêter à repasser des diplômes d’état si je peux valider des expériences à l’étranger ?! Mon prochain objectif est donc d’élargir mes capacités linguistiques et de me documenter sur mes prochaines destinations. Départ prévu en septembre 2010. Voilà donc mon dernier post relatif à mon petit séjour à Montréal. Bien heureuse d’avoir participé à ces petites séquences d’écriture, je pense réitérer l’expérience pour faire part de mes prochaines aventures.

 
Joyeux Noël à tous et que tous vos projets de voyage se réalisent en 2010!

Montréal, vue depuis le Mont Royal

lundi 14 décembre 2009

Le temps des adieux est proche



D’ici une semaine je survolerai l’Atlantique en direction de la France, le cœur gros je n’en doute pas. Je n’aurai croisé aucun caribou mais je repars avec de magnifiques images en tête ! Si je dois faire le bilan de ces quelques mois passés à Montréal, il est sûr qu’il n’y pas eu que des bons moments, mêmes de gros remises en question. Mais ce séjour était exactement ce dont j’avais besoin pour faire le point et choisir une nouvelle voie. J’ai donc choisi de rentrer …mais pour mieux repartir.
 
Montréal, ça a été des moments de fêtes et de déprime. Une colocation un peu particulière, le renforcement d’une amitié, de belles rencontres, un perfectionnement professionnel et une ouverture sur le monde. Ce qui m’aura le plus marqué c’est le multiculturalisme qui caractérise cette ville et qui m’avait d’ailleurs touché dès mon arrivée ! Ville d’immigrants, les différentes cultures se marient dans une parfaite cohésion sociale. Bien sûr, comme toute métropole Montréal connaît ses déboires sociaux mais on côtoie des gens du monde entier et chacun sait faire partager sa spécificité.
 
En travaillant dans un pays étranger, on n’a pas forcément le temps de faire tout ce que l’on a prévu. Je ne suis pas sortie autant que je le souhaitais de Montréal mais j’ai pu par contre « vivre » comme une vraie montréalaise. C’est sur mon lieu de stage que j’ai sans doute le plus appris sur le Québec. Il ne faut pas se leurrer, les étrangers ont tendance à d’autant plus se côtoyer loin de leur famille et de leurs amis d’enfance. Je suis d’ailleurs bien triste de quitter mes collègues. J’ai eu la chance de connaître une ambiance de travail vraiment agréable dans une parfaite cohésion d’équipe.
 
Une expérience que je regrette de ne pas avoir réalisée : davantage explorer les problématiques sociales que vivent les autochtones au Québéc. C’est une thématique qui me tient particulièrement à cœur (sans doute dû à ma formation sociologique). Mais j’aurai aimé me rendre compte sur le terrain de ce qu’induit l’administration particulière des réserves amérindiennes. J’ai eu toutefois la chance, lors du Forum Social Québécois, de suivre une intervention de John Martin, chef de la communauté micmac qui se bat, comme les associations APNQL et « Femmes autochtones », pour faire reconnaître les droits des amérindiens et l’auto- administration des peuples. Droit qui est reconnu dans la déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones mais que le Canada se refuse à signer.
 
Alors oui, le Québec m’a marqué par son identité multiculturelle mais au détriment de celles des Premières nations. Par mon court séjour, je n’ai pu me rendre compte que des côtés positifs et certes, sur le plus long terme, j’aurais connu certainement de plus forts désagréments. Reste que pour ceux qui souhaitent s’évader ou faire un break, Montréal est une destination qui vous comblera. Une destination qui permet de concilier perfectionnement professionnel et expérience humaine. Alors n’hésitez pas à profiter de l’opportunité que vous offre l’OFQJ !
 
 

dimanche 22 novembre 2009

Deux françaises à New York



Après avoir profité du calme ressourçant des grands espaces québécois, nous partîmes à la découverte de la « Grande Pomme ». Le voyage de nuit passa relativement vite mais dans des conditions peu confortables. C’est donc le dos cassé et sous la pluie que nous arrivions à NYC.
Notre première visite fût celle du Central Park, qui se trouvait à deux pas de notre auberge, comme son nom l’indique « Central Park Studios », sur Lexington avenue. Une adresse que je recommande fortement : peu luxueux, c’est certain, mais un endroit vraiment correct pour le prix et situé dans un quartier pratique et sécuritaire.

Trempées jusqu’aux os, nous nous sommes ensuite réfugiées au Gugghenheim Museum où se tenait une exposition sur le peintre Kandinsky. Une visite agréable dans ce lieu ouvert et continuel semblable à une coquille d’escargot. Mais notre forme physique n’était pas des plus optimales, et nous ne demandions qu’à nous « poser » ! On trouva donc un petit restaurant qui répondait au doux nom de Sarabeth’s, aux prix accessibles pour un cadre chic et une carte à vous faire saliver! 

Nous partîmes ensuite rendre hommage à John Lennon : une halte devant l’immeuble Dakota où Mark Chapman lui ôta la vie, avant de nous rendre à Strawberry Fields, petit coin du Central Park qui lui est dédié,et où nous fûmes bercées par la guitare et la voix d’un jeune inconnu qui reprenait « Somebody to Love ».

Puis nous passâmes notre soirée à dévorer des M&M’s  au milieu des lumières éblouissantes de Time Square. Au cœur des salles de spectacle de Broadway et des écrans publicitaires, s’activait une foule dense de touristes. D’un pas tranquille, nous flânâmes aux abords des stands, des boutiques à souvenirs « INY », des enseignes réservées exclusivement aux produits dérivés d’Hello Kitty ou encore de deux grosses cacahuètes jaune et rouge.  

Le jour suivant, nous partîmes à la découverte du Brooklyn Bridge et de sa toile métallique depuis lequel on peut admirer l’île de Manhattan et ses grandes tours. La suite du parcours nous amena à Wall Street, où l’on croisa plus de touristes (majoritairement francophones) que d’hommes d’affaires ! La petite touche insolite : la Trinity Church entourée de son cimetière qui se dresse religieusement au milieu des buildings. 



Puis, nous aperçûmes la Statue de la Liberté depuis le ferry qui nous conduisait (gratuitement) à Staten Island, nous « dégustâmes » un hot dog à deux dollars acheté à un de ses innombrables  vendeurs ambulants, puis nous marchâmes sur les traces de nos références new-yorkaises : descente de la 5ème et de Madison avenue façon Carry Bradshaw, flânerie à Tiffany’s, le porte- monnaie plus vide qu’Holly Golightly,  et retour en enfance au FAO Schwartz où nous n’eûmes malheureusement pas la chance d’entendre Tom Hanks nous jouer « Heart&Soul » sur le grand piano. La journée se termina à  Broadway devant les derniers pas de danse de Michael Jackson. 

Le lendemain, indifférentes à nos appareils photos, nous fîmes nos petites emplettes au cœur de Soho et de Chelsea, puis nous déambulèrent une dernière fois dans l’Upper East Side avant de regagner la gare routière. La « Grande  Pomme » n’était pas si effrayante que ça. Certes, ces grandes tours impressionnent, mais elle garde une dimension « humaine », certainement de par la sympathie de ses habitants et une certaine facilité à s’y repérer. Une destination à réitérer pour se faire plaisir, avec un porte-monnaie plus rempli !