Courant
Juillet, deux changements majeurs dans la politique d’immigration du Canada ont
particulièrement affecté le flux des requérants d’asile arrivant sur le
territoire. Le “Jardin Couvert” est bien sûr touché par ces nouvelles mesures
appelant alors à sa réorganisation.
Tout
d’abord, le gouvernement a décidé le 14 juillet 2009 d’imposer des visas aux
étrangers en provenance du Mexique et de la République Tchèque.
Cette mesure marque la volonté du gouvernement de résorber le flux de
demandeurs d’asile issu de ces pays alors qu’il invoque un nombre important
d’«abuseurs». Pourtant on constate que les droits économiques et sociaux ne
sont pas garantis aux citoyens de ces deux régions du monde : les mexicains
sont victimes de violences conjugales, de violences liées aux crimes organisés
ou à la corruption gouvernementale.
La
population Rom en provenance des pays de l’Europe de l’Est souffre de
discriminations touchant l’accès à la santé, à l’école, au marché de l’emploi,
aux logements salubres. Une autre des raisons invoquées pour justifier les
réformes apportées par le gouvernement concerne l’encombrement du système
d’attribution du statut de réfugié. A l’embauche supplémentaire de commissaires
à la CISR,
il a été préféré la baisse ostensible du flux de demandeurs d’asile. Pourtant
une telle mesure permettrait de réduire le délai d’attente de l’audience(2) à
l’issue de laquelle le demandeur d’asile se voit ou non attribuer le statut de
réfugié.
Le 23
juillet, des modifications ont été également apportées à l’entente
canado-américaine relative aux pays sûrs, entrée en vigueur en 2004. Ce texte
permet aux deux états de contrôler le flux de demandeurs d’asile accédant au
système de protection des réfugiés. On considère alors qu’un requérant de
l’asile doit déposer sa demande de protection auprès du premier pays dit “sûr”
qu’il traverse, c’est-à-dire qui est reconnu comme respectant les droits et les
libertés fondamentales.Jusque là
le système d’accueil pour demandeurs d’asile au Canada restait accessible aux ressortissants
d’Afghanistan, du Burundi, de RDC, d’Haïti, d’Irak, du
Liberia, du Rwanda, du Zimbabwe, même après un passage sur le sol américain. Cet
accord s’était formé au vu des failles du système d’attribution du statut de
réfugié aux États-Unis. Aujourd’hui les frontières terrestres leur sont fermées
sans aucune garantie que leurs droits soient respectés dans le pays voisin.
A la
Résidence, on constate la diminution importante du nombre de demandeurs
d’asile. Alors
qu’en 2008 on comptait sur l’ensemble de l’année une moyenne de 400 résidents,
en cette période une trentaine de personnes seulement est prise en charge.
La
première conséquence pour le Jardin Couvert est donc la moindre fréquentation
des activités qu’il organise. Le profil de la population change également : la
clientèle hispanophone se fait discrète. Par conséquent, les activités
proposées doivent être repensées au vu de besoins différents. Les cours
de français s’adressent aujourd’hui à un nombre réduit d’élèves tandis que la
majorité de la population est francophone issue d’Haïti ou d’Afrique. La baisse
de la fréquentation des activités socio-culturelles a conduit à une suspension
des partenariats, notamment avec le Musée des Beaux-Arts. Corollairement, la
gestion du personnel et des bénévoles doit s’adapter aux changements. L’accueil
d’une dizaine de stagiaire prévu en septembre a été annulé et le nombre
d’intervention bénévole a été réduit.
Il est
nécessaire aujourd’hui de repenser les enjeux du parcours d’un demandeur
d’asile afin que le “Jardin Couvert” puisse continuer à honorer ses missions
tournées essentiellement vers l’intégration et le rapprochement des demandeurs
d’asile avec la société montréalaise.
Il s’agit
pour le moment d’observer et de diagnostiquer la situation au “Jardin Couvert”.
A partir de là de nouveaux plans d’action pourraient voir le jour sur le moyen
ou le long terme afin de continuer à apporter un soutien aux requérants d’asile
présents à Montréal.
1) Commission d’Immigration et du Statut de réfugié
2) Le délai d’attente s’étend en moyenne sur deux ans.
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| Manifestation "Protect refugees" |

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